DE NOUVELLES AFFAIRES DE FAuX
TRES DERANGEANTES POUR LE MARCHE DE L'ART PARISIEN

par Adrian Darmon pour Artcult le 08 Mai 2016


Le 27 avril dernier, artcult signalait qu'à la suite de l'affaire concernant l'antiquaire Jean Lupu, soupçonné d'avoir écoulé un grand nombre de faux meubles durant des années pour alors éclabousser le marché de l'art parisien, un scandale encore plus grand était sur le point d'être révélé, notamment au sujet de pièces acquises par le Château de Versailles.

Voilà que le 6 mai, le site du magazine Connaissance des Arts a franchi le pas en signalant l'existence d'un atelier du faubourg Saint-Antoine spécialisé dans la création de faux mobilier du XVIIIe impliquant restaurateurs, intermédiaires, antiquaires et experts pour dire que certains meubles auraient rejoint les collections nationales.

Bref, cet atelier de restauration travaillant avec quelques antiquaires parisiens aurait franchi la ligne rouge en réalisant des faux alors qu'en 2014, lors d'une première conférence de la Compagnie nationale des experts (CNE), présidée par Frédéric Castaing, ce dernier avait déjà évoqué une affaire de faux meubles à laquelle auraient été liés certains antiquaires du faubourg Saint-Honoré, un fait devenu public en juin 2015 avec l'affaire Jean Lupu, cet antiquaire soupçonné par l'Office central de lutte contre le trafic de Biens culturels (OCBC) et par l'Office de répression de la grande délinquance financière de la police judiciaire (OCRGDF) d'avoir fait fabriquer des pièces à partir de bois anciens et les avoir fait frapper avec des estampilles d'époque.

Suite à l'enquête menée par l'OCBC, l'affaire se serait déplacée sur quelques meubles de Versailles, deux ployants de François Ier Foliot (présentés dans la Salle du Conseil), la bergère de Madame Élisabeth (exposée dans l'appartement du capitaine des gardes au rez-de-chaussée du corps central du château), une chaise de Jacob (actuellement dans le studio photo du musée) et quatre chaises de Louis Delanois (leur garniture est en cours de restauration) qui font l'objet de rumeurs sur leur authenticité.

Selon Connaissance des Arts, la paire de ployants de François Ier Foliot, acquise en mai 2012 auprès de la galerie Aaron, avait été commandée par Louise-Élisabeth de Parme, la fille de Louis XV, pour orner le palais ducal de Parme. La bergère de Madame Élisabeth, la sœur de Louis XVI, provenant du salon de compagnie du château de Montreuil à Versailles et réalisée par Jean-Baptiste Boulard, avait été achetée en vente publique chez Thierry de Maigret en 2011. Ornée d'un lampas bleu aux armes de Vulcain, elle a été exposée au printemps 2013 dans une exposition au domaine de Madame Élisabeth à Versailles à côté d'une autre bergère donnée au Louvre en 1958 et abondamment commentée par Bill Pallot, un expert de la galerie Aaron, dans son livre sur le mobilier du Louvre paru en 1993. La chaise de Jacob, un achat de gré à gré chez Sotheby's en 2011, ornait jusqu'à peu le cabinet de la Méridienne au premier étage. Quant aux quatre chaises de Louis Delanois, il s'agit des exemplaires d'une série de treize, livrées à la fin de 1769 pour le salon de compagnie de l'appartement de Madame Du Barry à Versailles. Ces chaises à châssis ont été acquises en 2008 à la galerie Kraemer.

À Versailles, la conservation a tenu à être rassurante en indiquant que sur la foi des plus grands experts, le château considérait que ces meubles étaient bons sauf preuve contraire d'autant plus que chaque oeuvre entrant dans les collections passe d'abord obligatoirement entre les mains d'experts du mobilier XVIIIe et qu'un comité scientifique se réunit pour statuer avant son inscription à l'inventaire du domaine. Il n'empêche que cette affaire portant sur ces quatre ensembles est très embarrassante car elle implique marchands, experts, conservateurs et qu'elle pourrait gêner certains généreux donateurs. Il est donc primordial pour Versailles d'apporter tous les arguments pour lever tout soupçon sur ces pièces.

Le site de Connaissance des Arts n'a évoqué que Versailles mais les rumeurs en question concernent d'autres pièces de mobilier 18e vendues à des collectionneurs huppés, notamment le Cheikh Al-Thani, et d'autres plus modestes. C'est dire ainsi l'ampleur de cette affaire de faux après celle qui a concerné l'antiquaire Jean Lupu.

UN AMATEUR D'ART EN GUERRE CONTRE DES ANTIQUAIRES ET DES MAISONS DE VENTES

Frédérick Fermin, un collectionneur français, s'est démené depuis ces dernières années pour dénoncer certains antiquaires et groupes de vente qui auraient vendu des faux sur le marché en contactant en vain plusieurs journaux avant de prendre connaissance de l'article de Connaissance des Arts et de décider de mettre les pieds dans le plat afin, a-t-il dit, de permettre un assainissement vraiment souhaitable.

Amateur de beaux meubles de la fin du 17e et du 18e siècle, Frédérick Fermin qui a dépensé sans compter pour se créer une belle collection, a affirmé avoir constitué un dossier très complet sur nombre d'affaires de faux qui ont essaimé le marché. Considéré comme un maître-chanteur par certains intervenants du marché, celui-ci a voulu apporter son témoignage personnel après avoir longtemps crié dans le désert.

Tout d'abord, il conviendrait de vous présenter et de dire ce qui vous a amené à devenir collectionneur.

Fermin: "Je suis un collectionneur de mobilier et objets d'art Français du 17 et 18 siècle, car c'est une période de créativité et de qualité sans limite. Tous les musées en regorgent et des milliers de chefs d œuvre sont propres à faire rêver. Je dirai toutefois que c'est une passion à risques et qu'on peut la payer cher"

Vous affirmez avoir été trompé sur l'authenticité de certaines pièces que vous avez acquises.
Pouvez-vous préciser à partir de quand et dans quelles conditions ?

"Par exemple, j ai acheté en 2007 à une galerie parisienne une paire d 'encoignures en laque verte de Dubois pour une somme importante sur les conseils d'experts que j'estime corrompus. En la faisant réexaminer quelques années plus tard ,il s'est avéré que tout était catastrophique puisque seule la caisse nue était d'époque. La laque et les bronzes étaient faux ! Après de multiples pressions de ma part sur cette galerie, un remboursement a été effectué avec une clause de confidentialité. J'ajoute que ces clauses de confidentialité sont abusives et permettent aux antiquaires peu honnêtes d étouffer les affaires.

Un cartel de Boulle acheté à une autre importante galerie parisienne, citée dans l'article de Connaissance des Arts sur le faux mobilier de Versailles(qui expose à la biennale de Paris) s'est aussi révélé très problématique avec une console en réalité composée d'éléments anciens pour donner l'illusion du vrai. Heureusement, une expertise effectuée par M. Briswalter, expert de la cour d' appel de Colmar, m' a permis d'obtenir le remboursement de cet achat avec encore un protocole de confidentialité à la clef.

Sur le conseil d'un spécialiste en 2008, j'ai acheté un cartonnier et une console Régence chez Christie's. Mais après avoir réceptionné ce cartonnier, je l'ai fait examiner par M. Briswalter qui a découvert que les fonds avaient été changés, que les compartiments avaient de nouveaux placages et que le plateau de marqueterie était neuf. Aucune des ces modifications n'avait été signalée, ni dans le catalogue, ni dans le condition report. J'indique qu'une procédure est d'ailleurs en cours après une expertise judiciaire qui confirme mes dires.

Quand à la console ,j ai réclamé un réexamen refusé par Christie's avant de procéder au règlement , ce qui a conduit la maison de vente à engager une procédure à mon encontre pour défaut de paiement qu'elle a perdue, un examen de ce meuble par un restaurateur et un expert ayant permis d'affirmer mes craintes pour m'éviter heureusement un achat de 93000 euros mais pas des sueurs froides quand Christie's l'a remise en vente avec une estimation de 25000 euros en ne trouvant finalement pas d'acheteur".

Selon vos dires, nombre d'experts et de maisons de vente ne seraient pas à la hauteur. Pourriez-vous expliquer pourquoi ?

Fermin: "A mon avis, le marché de l'art est gangrené, avec des fabricants, des experts qui sont à la botte de certains antiquaires, des intermédiaires qui servent de prête-noms et des maisons de vente qui ne veulent pas déplaire à certains grands marchands parisiens. C'est un cercle vicieux qui profite à certains intervenants et lèse nombre d'amateurs."

On a surtout évoqué des rumeurs et vos accusations sont donc graves. Il conviendrait donc de les étayer. Par ailleurs, vous dites avoir enquêté sur certaines pièces vendues sur le marché et obtenu des renseignements propres à le mettre à mal. Etes vous sûr de ce que vous avancez ?

Fermin : "J'ai beaucoup d'exemples à donner mais je n'en citerai que quelques uns. Ainsi, une fameuse galerie parisienne a vendu il y a quelques années à Axa pour 60 millions de francs une paire de cabinets Boulle en fait fausse, composée d'éléments anciens, avec une expertise plutôt de complaisance via l'utilisation de la dendrochronologie comme preuve, ce qui n'est pas suffisant puisque les éléments sont anciens!!! Je confirme mon accusation,car mon enquête m'a permis d' arriver aux fabricants de cette paire. Je conseille donc à Axa de la faire expertiser par le CRMH.

Par ailleurs cette galerie, a exposé à la dernière Biennale, une paire de torchères d'époque Louis XIV en bronze doré proposée au prix de 10 million d'euros. J'affirme que cette paire est fausse, fabriquée par un bronzier que j'ai dénoncé à la fois au Sna,qui n'a pas réagi, et à la police qui mène actuellement une enquête. En 2012, sur le beau stand de cette galerie se trouvait aussi un vase céladon extraordinaire donné pour époque Louis XV à 5 millions d'euros qui en fait datait du 19e siècle que le Cheikh Al Thani,, le propriétaire de l 'Hôtel Lambert, a acheté. Il n' aurait pas fait un si mauvais achat si ce vase avait été authentique tout comme lorsqu'il a acquis pour 1,6 million d'euros à la vente Christie's du 5 et 6 novembre une paire de coffres Boulle, que j'estime en réalité du 19e, maquillée pour faire croire à une création du 18e. La maison Christie's aurait-elle fait preuve de complaisance ou d'incompétence dans cette vente alors que le même acheteur a acquis une table en laque estampillée BVRB ,également problématique ?

Selon vous, l'affaire Lupu ne serait qu'un scandale qui en cacherait un autre encore plus énorme. N'iriez-vous pas un peu loin ?

Fermin: "L'affaire Lupu n'est que l'arbre qui cache la forêt. Je collabore avec les services de la police et selon moi, l'Etat doit agir rapidement et fermement pour mettre un terme aux activités de ce que je considère comme une mafia. Je demande à tous les collectionneurs ayant subi des escroqueries, même s'ils ont signé des protocoles de confidentialité, de prendre contact avec moi afin de mettre bon ordre au marché. Même Versailles est touché et les affirmations de l'article de Connaissance des Arts sont parfaitement exactes. A cet égard, je connais des experts très compétents pour confirmer mes dires au sujet de fabricants et d'intermédiaires peu scrupuleux dont certains sont déjà partis à l' étranger en sentant que les affaires allaient sortir. Il s'agit donc de savoir comment faire quand à la Biennale des experts couvrent des faux et jouent aussi les intermédiaires pour certains antiquaires en se fournissant directement chez un fabricant de plagiats. En outre,comment faire quand le conseil des ventes , auprès de qui j'ai déposé plusieurs plaintes ne dispose pas d'experts?

Si tout ce que vous affirmez est vrai, que faudrait-il faire pour assainir le commerce d'oeuvres de prix ?

Fermin: "Je pense qu' il faut obliger les antiquaires et les salles de vente pour que chaque meuble et objet ait une fiche avec le signalement des restaurations d'usage ou non, c'est à dire en conformité avec le décret Marcus, et qu'une instance indépendante composée d'experts, de restaurateurs et de collectionneurs ait le pouvoir de vérifier et d'exercer le cas échéant des poursuites pénales.

Je me permets de rappeler que l'article 2 du décret Marcus impose de signaler toutes les restaurations sur un meuble d'époque sans compter que je reste ébahi de voir qu'on puisse annoncer de faux résultats de vente, notamment à propos d'une commode de BVRB I en marqueterie Boulle, adjugée à 4 millions d'euros quand en réalité elle n'a jamais été payée pour être finalement récupérée par sa propriétaire qui l'a ensuite mise en dépôt-vente dans une galerie parisienne.

Je prétends que l'ampleur des fraudes est considérable, je dirai même atomique, et je reviendrai prochainement sur d'autres révélations concernant aussi des sociétés écrans basées à l'étranger pour blanchir l' argent de ces fraudes qui sont à tout le moins colossales".

Espérez-vous avoir gain de cause dans le combat que vous avez engagé ?

Fermin: "J'ai déposé des plaintes et l'Office Central de lutte contre le trafic de biens culturels (OCBC) mène une enquête dont les conclusions, je l'espère, iront dans le sens de ce que j'affirme. Il y va de la réputation du marché de l'art parisien alors que les informations données par Connaissance des Arts ne restent que la partie visible d'un iceberg assez effrayant. Je compte publier prochainement un article sur les faux meubles vendus par les maisons de vente et je lancerai un site internet où les meubles faux seront dénoncés avant la mise en vente. Par ailleurs, je prépare un livre qui aura pour titre "Le Marché de l' Art: la Mafia", avec des chapitres très complets sur les marchands, experts, et maisons de vente.. J'ajoute être pleinement conscient de mes déclarations en annonçant que l'enquête en cours va s'accélérer"

En assumant pleinement la responsabilité de ses affirmations pour risquer d'être poursuivi en diffamation, Frédérick Fermin a donc tenu absolument à réagir après la publication de l'article de "Connaissance des Arts" qui n'a toutefois mentionné que les pièces acquises par le Château de Versailles suite à la propagation de rumeurs sur leur authenticité. Il convient par ailleurs de signaler que certains intervenants du marché ont été entendus par l'OCBC dans le cadre d'une enquête initiée après celle concernant l'affaire Lupu dont le scandale a été quelque peu retentissant.

Depuis donc plusieurs mois, le marché de l'art a été sérieusement secoué, d'une part au plan économique avec le recul des ventes en Chine et d'autre part, par nombre d'affaires dérangeantes comme celle qui a concerné la plainte du milliardaire russe Dmitri Rybolovlev contre Yves Bouvier, le patron des ports francs, accusé d'avoir pris de mirobolantes commissions sur son dos lors de transactions privées, suivie ces derniers temps par la publication des "Panama Papers" qui a révélé d'étranges pratiques de la part de certains grands acteurs du marché.

Ces scandales à répétition ont donné l'impression que tout était pourri au royaume du marché de l'art et l'affaire opposant Rybolovlev à Bouvier risque déjà de laisser des séquelles durables tant le patron des ports francs a été au coeur d'un système très huilé dans le domaine des transactions privées en se montrant comme un acteur incontournable dans nombre de celles-ci.

Ayant su faire prospérer le transitaire suisse Natural Le Coultre géré par son père pour se spécialiser dans le transport et l'entreposage d'oeuvres d'art dans le port franc de Genève avant d'en créer d'autres au Luxembourg et en Asie, Bouvier avait pu ainsi avoir une position privilégiée pour savoir ce que détenaient les plus grands collectionneurs de la planète et se proposer ensuite comme intermédiaire afin de les aider à vendre les oeuvres dont ils étaient disposés à se séparer.

De ce fait, il avait atteint une nouvelle dimension en proposant en 2003 à Rybolovlev de s'occuper des achats des oeuvres que ce dernier convoitait, notamment une quarantaine de tableaux majeurs signés Picasso, Van Gogh, Gauguin ou Modigliani et ce, en échange d'une commission de 2% sur chaque transaction.

Les choses ne se passèrent pas comme le milliardaire russe le croyait puisque Bouvier prit des marges substantielles en s'arrangeant de temps à autre à acheter lui-même des oeuvres pour les lui revendre parfois au double de sa mise.

Candidement, Rybolovlev avait fait confiance à son amie Tania Rappo qui lui avait présenté Bouvier sans savoir que cette dernière recevait à chaque transaction de belles commissions qui atteignirent au total plus de 100 millions d'euros avant que le milliardaire apprenne qu'il avait été floué, notamment lors de ses acquisitions d'un Vinci, d'un Rothko et d'un Modigliani achetés respectivement pour 127,5 millions de dollars, 140 millions d'euros et 118 millions de dollars alors que leurs propriétaires les avaient cédés pour 75 millions de dollars, 93,5 millions de dollars et 65 millions d'euros.

Ayant dépensé 2 milliards de dollars, Rybolovlev avait estimé que Bouvier lui avait soutiré pas moins de 500 millions pour alors déposer plainte contre lui à Monaco pour faux en écriture et escroquerie en janvier 2015 puis en mars à Singapour pour les mêmes motifs.

Pour corser le tout, Bouvier a été mis en examen à Paris suite à une plainte de Catherine Hutin-Blay, la fille de Jacqueline Picasso, après la découverte dans la collection de Rybolovlev de deux portraits de sa mère à la gouache et de 58 dessins en accusant le patron des ports francs de les lui avoir volés.

Voulant se séparer de la propriété de Mougins, lieu de la mort de Picasso et du suicide de sa mère, cette dernière avait fait la connaissance d'Olivier Thomas par l'intermédiaire de son filleul lequel lui avait proposé de vider la demeure pour mettre son contenu dans un entrepôt d'oeuvres d'art à Gennevilliers où elle eut ensuite les plus grandes difficultés pour y accéder.

Par la suite, Catherine Hutin-Blay avait chargé Thomas de mettre en vente 14 oeuvres de Picasso, dont le "Joueur de Flûte" qui fut vendu par Bouvier à Rybolovlev avant de découvrir que les deux portraits de sa mère s'étaient retrouvés chez Natural Le Coultre à Genève.

Bouvier a affirmé que ces deux oeuvres qui portaient au dos l'inscription "Collection Chapron" (du nom du filleul de Catherine Hutin-Blay) avaient été acquises auprès du marchand parisien Jean-François Aittouarès, décédé depuis, en réglant la somme demandée à un trust de Catherine Hutin-Blay au Lichtenstein. Dénonçant cette inscription comme frauduleuse, son filleul a déposé plainte tandis qu'elle a précisé que ce paiement concernait "Le Joueur de Flûte" et aucunement ces deux gouaches ni les 58 dessins.

Ami de nombreux riches collectionneurs, Bouvier entretenait aussi des relations avec des personnages ayant eu maille à partir avec la justice, notamment Jean-Marc Peretti, un ancien dirigeant d'un cercle de jeu parisien devenu le directeur de la galerie Nelombos, installée dans les mêmes locaux que Natural Le Coultre au port franc de Genève, qui s'était associé avec lui dans plusieurs sociétés.

Selon le magazine "Les Echos", Bouvier avait acheté des parts dans la galerie Gradiva, les Pinacothèques de Marc Restellini à Paris et Singapour pour inciter de nombreux collectionneurs à prêter des oeuvres, et créé des foires à Salzbourg et Moscou tout en participant aux activités d'une salle de vente montée par Thomas à Deauville et en investissant dans le projet R4 de l'Île Seguin à Boulogne-Billancourt pour la création d'une "microville artistique" comprenant des galeries, des espaces d'expositions et une salle de vente.

En mauvaise posture, Bouvier s'est toujours déclaré confiant que les soupçons pesant sur lui seront levés mais en attendant, il a perdu énormément d'argent dans son bras de fer avec Rybolovlev et ses frais d'avocats alors que les Pinacothèques de Paris et de Singapour ont fermé et que les activités du port de franc du Luxembourg ont été réduites sans compter qu'il risque d'avoir affaire à la justice américaine qui vient de s'intéresser à lui, ce qui n'a pas manqué d'inquiéter nombre d'acteurs du marché de l'art, précédemment secoué par plusieurs affaires concernant entre autres le faussaire Wolfgang Beltracci, la succession de Daniel Wildenstein, la société Aristophil qui fait perdre des centaines de millions d'euros à des investisseurs spéculant dans des achats de livres rares et de manuscrits, la famille Nahmad mêlée à l'affaire des "Panama Papers" et à l'achat d'un tableau de Modigliani volé par les nazis, au procès des commissionnaires de l'Hôtel Drouot accusés d'avoir volé des milliers d'objets ou la galerie Knoedler, accusée d'avoir vendu de nombreux tableaux de peintres expressionnistes-abstraits produits par un faussaire chinois.

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